L’art de l’écriture selon Sohaib

30 Avril 2026

Parfois, en accompagnant des jeunes, on découvre des choses auxquelles on ne s’attend pas. C’est exactement ce qui s’est passé lorsque j’ai lu le poème de Sohaib. Au départ, je pensais lire un simple exercice d’écriture. Moi l’amoureux des lettres et de l’écriture, j’ai été surpris par la sensibilité de ses mots et par sa réflexion. Alors j’ai eu envie de prendre un moment avec lui pour discuter de son rapport aux mots.

1) Peux-tu te présenter ?

« Je m’appelle Sohaib, j’ai 18 ans et je suis élève en 6e secondaire à l’Athénée royal Jean Absil. J’aime beaucoup écrire, de manière générale. Ce n’est pas forcément quelque chose que je fais tous les jours, mais ça fait longtemps que ça fait partie de ma vie. »

2) Depuis quand écris-tu ?

« Quand j’étais enfant, j’aimais inventer des histoires. Je remplissais des cahiers avec plein de petites idées, des personnages, des situations. C’était surtout pour m’amuser. J’aimais bien laisser mon imagination partir un peu dans tous les sens. Je crois que c’est comme ça que mon intérêt pour l’écriture est vraiment né. »

3) Qu’est-ce qui t’attire dans l’écriture ?

« Je pense que c’est surtout la liberté que ça peut donner. Quand on écrit, on peut créer ce qu’on veut. On peut inventer des histoires, parler de ce qu’on ressent ou même réfléchir sur des choses plus profondes. C’est un moyen de poser ses idées quelque part. Parfois, quand on a des choses en tête, écrire aide à les organiser. »

4) Tu dis que l’école impose parfois des limites dans l’écriture. Qu’est-ce que tu veux dire par là ?

« À l’école, il y a souvent beaucoup de règles : il faut respecter un style précis, un nombre de lignes, une structure. C’est normal parce que ça fait partie de l’apprentissage. Mais parfois, ça donne un peu l’impression qu’on ne peut pas écrire comme on le voudrait vraiment. On doit suivre un cadre très précis et du coup on se sent moins libre dans ce qu’on veut exprimer. Alors que quand j’écris pour moi, je peux vraiment laisser mon imagination faire ce qu’elle veut. »

5) Malgré ça, l’école t’a quand même apporté des choses dans ton écriture ?

« Oui, clairement. Par exemple, en 5e secondaire, on a beaucoup travaillé la poésie. Notre prof appelait ça “l’année de la poésie”. Ça m’a permis de découvrir plein de styles différents. Avant ça, je n’avais pas vraiment exploré ce genre d’écriture. Et finalement, ça m’a donné envie d’aller un peu plus loin, de m’y intéresser davantage. »

6) Comment l’écriture t’aide-t-elle à exprimer tes émotions ?

« Je pense que les figures de style aident beaucoup, surtout les métaphores. Elles permettent d’imager ce qu’on ressent. Parfois, une émotion est difficile à expliquer directement. Mais avec une image ou une comparaison, ça devient plus facile de la partager. Ça donne une autre dimension aux mots. »

7) Selon toi, est-ce que les jeunes écrivent encore aujourd’hui ?

« Oui, je pense même qu’ils écrivent beaucoup. Peut-être autrement qu’avant, mais l’écriture est toujours là. Il suffit de regarder les téléphones. Les gens s’envoient des messages toute la journée. Les réseaux sociaux aussi, c’est beaucoup d’écriture. Elle s’est juste adaptée aux nouvelles générations. »

8) Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui n’aime pas écrire ?

« Je dirais de ne pas se forcer. Si on se force trop, ça devient vite une contrainte. Le mieux, c’est de commencer petit. Écrire deux ou trois phrases, juste comme ça, jouer un peu avec les mots. Et surtout écrire sur des choses qui nous intéressent vraiment. »


Extrait du poème de Sohaib

Puis la peur traverse la maison.
Le cancer de la maman est découvert.
Tout devient noir.

Et pourtant, l’ascension continue.
Aucune larme ne peut se montrer.
Grandir, ici,
C’est avancer même quand la lumière disparaît.

Sur une île invisible aux adultes, un phare attend,
Une ASBL qui ouvre les bras
Au moment le plus bas.
Elle n’éclaire pas seulement :
Elle reconnaît.

Deux âmes solitaires se rencontrent,
Rient ensemble,
Et, l’espace d’un instant,
La mer se tait.

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