Accompagner jusqu’à 22 ans… et après ?

30 Avril 2026

L’anniversaire des 22 ans marque la fin d’accompagnement des jeunes suivis en AMO qui sont missionnées pour aider les jeunes de 0 à 22 ans inclus maximum. En effet, l’autonomie apparaît comme une véritable injonction, puisque les jeunes sont contraints de se séparer du service mais aussi des personnes qu’ils côtoyaient parfois depuis plusieurs années. Ce moment peut ainsi entraîner une rupture brutale avec les professionnels et les autres jeunes, qui peuvent être devenus des figures d’attachement. Dans cette perspective, plusieurs jeunes ont accepté de témoigner de leur ressenti face à leur départ (imposé) de notre AMO.

Bien que les professionnels les aient informés et sensibilisés à l’avance que l’accompagnement ne pouvait pas se poursuivre après leur 22ème anniversaire, les jeunes expliquent qu’ils ne se sentaient malgré tout pas prêts.

Au-delà de l’aide apportée par l’AMO qui prend fin, ce sont également les liens construits au fil du temps qui s’interrompent parfois du jour au lendemain. Incapable de quitter le service d’elle-même, une jeune explique que le terme a dû être mis par les professionnels :
« J’étais vraiment blessée de devoir rompre ce lien qui avait été construit pendant toutes ces années, à savoir depuis mes 10 ans. Je m’étais attachée à ces personnes qui m’ont aidée à grandir ».
Cette transition implique une phase de réadaptation car ce qui avait été construit ou entrepris se retrouve bouleversé.

Parmi les difficultés évoquées, les jeunes mentionnent notamment les nombreuses démarches administratives auxquelles ils doivent désormais faire face seuls : gestion des documents, paiement d’une facture, recherche d’un logement ou d’un emploi, rédaction d’un CV professionnel.

L’un des avantages majeurs de l’AMO résidait dans la possibilité de disposer d’un point de contact direct. Lorsqu’ils avaient une question ou rencontraient une difficulté, ils pouvaient facilement appeler et obtenir une réponse rapide. Aujourd’hui, ce soutien immédiat leur manque. Ils tentent désormais de se débrouiller par eux-mêmes du mieux qu’ils peuvent notamment en utilisant les intelligences artificielles ou en faisant appel à d’autres services, tels que Infor Jeunes.

L’ensemble de ces difficultés les conduit également à questionner la pertinence de l’âge limite fixé à 22 ans. Tous s’accordent à dire que cet âge leur semble trop précoce car à 22 ans, nombre d’entre eux poursuivent encore des études et ne disposent pas nécessairement d’un logement personnel ni de ressources financières stables. Certains ne sont pas encore entrés dans la vie active et ressentent toujours le besoin d’un accompagnement ou d’un coup de pouce dans certaines démarches. Pour ces raisons, ils estiment que la limite d’âge devrait être plus élevée afin de leur permettre d’aborder la vie adulte avec davantage de stabilité et de préparation.

Comme le témoigne un des jeunes :
« L’âge ne définit pas forcément où une personne en est dans sa vie ni si elle a encore besoin d’aide ou non ».

Il convient donc aux professionnels du secteur de l’aide à la jeunesse d’être attentifs à ce moment de fin. Une AMO a pour objectif d’accompagner le jeune dans ses fragilités tout en l’aidant à se construire afin qu’il puisse fonctionner de manière autonome sans l’institution. Il ne s’agit pas de maintenir les jeunes dans une dépendance institutionnelle mais de les accompagner vers une autonomie progressive tout en bénéficiant, si nécessaire, de relais ou de ressources pouvant soutenir cette étape charnière.

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