Le Service de Prévention Sociale de Saint-Josse, un appui incontournable !

28 Février 2021

Chers Lecteurs,

Je suis secrétaire à la permanence sociale d’Inser’action, je suis votre première interlocutrice et vous reçoit soit physiquement soit par téléphone afin d’obtenir un rendez-vous auprès de nos assistants sociaux.

À la permanence sociale, nous avons pour objectif d’aider les familles et les jeunes en traitant des questions liées à la scolarité, l’éducation, la délinquance, la vie en famille, les loisirs des enfants et la législation.

Nous prenons donc le temps d’écouter, d’orienter, d’accompagner les familles tout en favorisant l’exercice des compétences parentales et éducatives.
Depuis le début du confinement, certaines structures essentielles ont été amenées à prendre quelques dispositions pour assurer une continuité de leurs services en privilégiant notamment une permanence téléphonique ou en ligne plutôt que le présentiel.

Cependant, l'accès aux outils, aux contenus et aux services en ligne n’étant pas équitable, nous avons dû recevoir et traiter, exceptionnellement, durant cette période, des demandes purement administratives de notre public.

A ce stade, nous nous efforçons de vous aider au mieux en favorisant l’orientation vers d’autres services compétents en nous souciant de faire le meilleur des relais en fonction de la spécificité de la demande et du besoin de l’usager.

Comme l’a dit Luc Frémal (Président du CPAS), « le travail social de base effectué avec les bénéficiaires est également fondamental, car il permet une orientation vers les différents services qui peuvent accompagner ce public vulnérable ».

C’est ainsi que je me suis penchée sur les différents services que compte notre quartier et j’ai pu faire la connaissance d’une personnalité des plus investie en matière de prévention au sein de notre Commune, Madame Christine Pauporté.

Je l’ai donc invitée à une interview qu’elle a accepté volontiers. Elle nous raconte son long parcours avec des défis, des initiatives et surtout beaucoup de dynamisme !! Elle nous explique également le but des équipes du service de Prévention de Saint-Josse qui s’avèrent très généralistes et compétentes en matières très diverses….

Bonjour Madame Pauporté, pouvez-vous vous présenter ?

Moi, je suis fonctionnaire de prévention, drôle de titre, responsable du service de prévention de la Communale de Saint-Josse. J’ai travaillé pendant 5 ans et demi au Centre Social de Prévention à la rue Botanique au numéro 59. Je connais Inser’action depuis cette époque-là. Les organismes qui se trouvent dans le quartier ont quand même bien évolué, il y a plus de choses, plus d’interlocuteurs. Ensuite, je suis devenue responsable du Service Prévention avec le but de développer le principe du Centre Social de Prévention. Nous avons débuté avec un centre pour avoir aujourd’hui trois centres sociaux de prévention (CSP Rue Brialmont 23/ Rue Botanique 59 / Rue de l’Alliance 20). Dans chaque centre, il y a des assistants(es)/travailleurs(euses) sociaux. Dans certains locaux il y a aussi des psys, une cellule scolarité, une cellule de médiation interculturelle. Je les nomme en même temps car nous faisons du travail social avec des spécificités, quand on est dans l’interculturel, mais aussi dans l’accompagnement social. Les gens qui s’adressent à nous sont souvent des gens qui sont depuis moins longtemps en Belgique. Des gens qui essaient de s’en sortir, mais qui n’ont pas les outils pour ça. Il faut le dire, plus on est bas dans l’échelle économique, plus on doit faire face aux difficultés. Ce sont généralement des personnes avec des difficultés de codes culturels. En venant nous voir, ils sont du coup plus à l’aise et c’est souvent de cette cellule que tout démarre.

Quels sont les axes que vous ciblez ?

Pour les CSP, c’est du travail social général. Nous n’avons pas de moyens financiers pour aider les gens et cela clarifie bien les choses. Les gens ne viennent pas pour nous demander des sous parce que nous n’en n’avons pas ! Cela nous scinde totalement de ce qui se passe au CPAS. Je crois que c’est une bonne chose, car nous arrivons à aller plus profondément dans la réalité des gens. J’ai travaillé moi-même au CSP pendant plusieurs années. Quand les gens vont au CPAS, ils ne savent pas ce qui peut aller pour ou contre leur cause. Selon ce qu’on dit au CPAS, peut-être que cela va être bénéfique aux conclusions ou peut-être que cela sera catastrophique. Certains essayent donc de dire ce qu’il faut pour pouvoir bénéficier de la meilleure aide financière. C’est la politique du chiffre !

Au CSP ce n’est pas pareil, car il n’y a aucun enjeu financier. Il vaut mieux aller au plus profond de sa réalité avec le travailleur social et ainsi l’utilisateur va mieux comprendre et pouvoir aller plus loin dans les démarches qu’il va faire. Comme nous sommes « généralistes », cela peut aller d’un problème locatif, d’un conflit de famille, d’un problème scolaire, d’un problème judiciaire, d’un problème administratif…. Selon les équipes, nous essayons d’avoir du répondant dans les différentes langues, français, néerlandais, anglais, turc, arabe, plusieurs langues africaines, l’espagnol, ... Nous avons également un coordinateur adjoint des gardiens qui est Bulgare et une travailleuse sociale Roumaine.

Quels sont en général vos collaborateurs, vos partenaires ?

Comme je le disais, le service est grand, avec une dizaine d’équipes. La coordination et chacune des équipes développe ses propres partenariats et il y en a beaucoup …
Par exemple, la Voix des femmes, c’est un partenaire incontournable, la Ruelle, Inser’action, la Maison Verte, le Samu forcément, le Centre de Santé Mentale, la Maison Médicale …
Le CSP Nord (Botanique) collabore avec la Plateforme Violences Conjugales ce qui nous met en contact assez rapproché avec déjà toute une série d’organisations et d’asbl notamment avec le service d’Aide aux Victimes, le Planning Familial …
Je devrais prendre secteur par secteur. Je fais partie de « Notre Quartier asbl », du « Winni-Kot asbl », de la « Maison de la Famille », de « La Ruelle », à titre personnel mais aussi à titre professionnel.

Nous nous référons également à la liste d’associations et de services communaux qui est dressée sur le site de la commune de Saint-Josse. Une recherche par catégorie y est également possible. Il y en a énormément. Il m’arrive, en cherchant, en creusant parfois pour une situation, de trouver des associations en ligne que je ne connaissais pas et qui sont compétentes. Par exemple, des sites qui proposent des offres juridiques extrêmement variées avec des informations sur le droit des étrangers, le droit du travail, le droit de la famille… Je recommande par exemple l’organisme public régional « Perspective Brussels » qui a développé un site dont la partie « Enseignement » regroupe énormément d’informations concernant toutes les matières scolaires et parascolaires. Il n'est pas un partenaire comme une association, c’est un pouvoir subsidiant pour nous, mais c’est une structure très diversifiée à travers qui, par contre, j’ai un réseau de partenaires énorme …

Personnellement, au service de prévention, comme je le dirige, je ne fais plus du travail social. Ce que je fais encore, c’est de superviser parfois des situations quand elles sont plus difficiles. Je suis moins dans l’actualité des relais, mes collègues le font tout le temps que ce soit vers les centres d’accueil pour femmes, pour hommes, des centres de soins psychothérapeutiques, psychiatriques, de santé, scolaires, de logement. Dans chaque équipe, chaque collègue a développé ses propres relais.

Comment fonctionnez-vous en période de Covid ?

Nos CSP sont ouverts. On demande aux gens de prendre rendez-vous pour venir, mais comme maintenant ça marche partout avec rendez-vous, j’ai donné la consigne qu’on reçoive les gens au fur et à mesure de la disponibilité directement pour éviter que ceux-ci s’accumulent en groupes. S’ils viennent et que les travailleuses sont déjà occupées, on demande de revenir dans un quart d’heure, vingt minutes, c’est très souple ! Il faut qu’on reçoive les gens parce que sinon, comment vont-ils prendre les rendez-vous ailleurs ? C’est une situation impossible pour les gens précaires. À la Maison de Prévention, la personne qui fait l’accueil est là tous les jours à partir de 8h30. Au Botanique, il y a deux travailleuses sociales qui sont Karima et Annie. Normalement, il y a tous les jours deux personnes.

Cette année-ci, nous avons continué nos fonctions habituelles, notamment les gardiens de la paix, les éducateurs de rue, les agents polyvalents, les 3 CSP, le soutien scolaire, la médiation interculturelle, l’inclusion sociale. Nous avons simplement réorganisé toutes ces équipes. Et nous avons offert des services tout à fait nouveaux pour répondre aux besoins sociaux urgents.

Nous avons du soutien scolaire mais pas l’agrément « école des devoirs ». Nous avons dû réduire le volume fortement. Nous avons ici une cellule scolarité qui travaille avec le secondaire, normalement en salle, mais là, c’est fermé. Pour le primaire, normalement, c’est un accompagnement individualisé ou de l’aide aux devoirs à la salle polyvalente rue de l’Union toujours sur Saint-Josse. Malheureusement, celle-ci est également fermée. Cela continue de manière adaptée comme par exemple pour des soucis de décrochage scolaire au niveau du primaire. Sans pour autant avoir des outils professionnels. Par exemple, juste avec un smartphone, toute une séquence de soutien scolaire en mathématique avec des élevés du primaire est mise en place, grâce à la créativité et à la motivation de travailleurs. C'est parfois également des vacataires qui prennent le relais en établissant des contacts en vidéo conférence avec les jeunes. Nous faisons ce que nous pouvons même si nous avons malheureusement perdu des jeunes en cours de route.

Le Bourgmestre Emir Kir soulève, je cite « notre objectif est la pérennisation de l’ensemble des aides qui deviennent indispensables à une partie de la population comme les colis alimentaires ou l’hébergement des sans-abris ». Pourriez-vous nous en dire plus ?

Effectivement, dans la période Covid, il y a eu plusieurs initiatives.

D’abord, la commune a acheté 500 ordinateurs reformatés qui sont en distribution par le service jeunesse essentiellement, par les écoles et par nous. Nous en avons repris une cinquantaine, et il en reste encore quelques-uns. La centralisation de ces ordinateurs se fait à la Maison de prévention, rue Brialmont n°23, 1210 Saint-Josse. Quand des familles sont en difficulté, en fracture numérique et pour les jeunes afin qu’ils puissent étudier, on peut leur donner un ordinateur de bureau complet et en très bon état. Les conditions sont que les enfants habitent ou viennent à l’école dans la commune de Saint-Josse et que les familles soient en difficulté.

Ensuite, avec les petits métiers qui se sont arrêtés, nous avons également été confrontés à des personnes qui se sont retrouvées sans revenus. Des intérimaires, des familles monoparentales et alors évidemment, les personnes vivant de la mendicité et les familles qui se trouvaient déjà en situation précaire et qui ont chuté ! Tous avaient un point commun, ils venaient en nous disant « j’ai faim ». Entendre ça, c’est assez bouleversant. Nous ne pouvions pas rester sans réponse face à cette problématique.

Nous avons donc mis en place un système de distribution de colis alimentaires, et ce, avec un bon soutien du Collège. Nous avons établi une inscription en minimisant la procédure administrative. À peu près la seule condition est d’habiter la Commune de Saint-Josse. Le principe est qu’il faut se rendre ici, au centre de prévention sociale rue Brialmont 23, 1210 Saint-Josse afin de compléter une fiche basique reprenant les coordonnées (nom, prénom, adresse, situation familiale, particularité alimentaire …). Une fois sur la liste d’inscriptions, vous pouvez retirer le colis tous les mardis à 14h00 au local qui se situe Rue de l’Abondance numéro 31. Nous allons maintenir ce système de distribution de colis alimentaires, car la crise économique et sociale se fait bien sentir aujourd’hui mais aura sans doute un impact à long terme.

Nous avons aussi dû gérer pendant des mois, l’accueil et l’hébergement des sans-abris dans l’auberge qui a été réquisitionnée d’avril à octobre 2020. Nous savions que le plus dur serait la fermeture et nous avons rapidement fait la demande à la commune afin de préparer une solution pour ce moment. Nous avons reçu un appui fort de notre Bourgmestre pour avoir une maison qui est d’ailleurs la première Maison d’Accueil communale et qui se trouve Rue Linné. Nous avons pu reloger une douzaine des résidents hébergés. Nous avons choisi les personnes mentalement les plus saines, car nous n’avons pas de personnel attitré, donc, maintenant, ces résidents s’autogèrent, avec un encadrement minimum.

Enfin, nous avons organisé des douches pour les sans-abris, avec les collègues des Sports. Nous avons interrompu un peu, puis nous avons continué à fonctionner, mais les gens ne le savent pas beaucoup. La communication vis-à-vis de ce public n’est pas évidente. Ça fonctionne 4 fois par semaine en matinée de 9h à 11h (en alternance un jour homme, un jour femme), les gens peuvent aller prendre une douche gratuitement à la piscine de Saint-Josse.

Nous pouvons donc vous envoyer des usagers en cas de besoin ?

Bien sûr, nous sommes là quand vous avez besoin de relayer et n’hésitez pas à me contacter en cas de soucis, que je puisse voir avec mes collègues. Je déteste quand on reste bloqué à un obstacle, il faut toujours faire quelque chose.

Inser’action est dans le quartier Nord et c’est donc au CSP du Botanique que vous pouvez les relayer. C’est un interlocuteur évident.

Nos travailleurs fonctionnent de manière très ouverte, ils sont à l’aise et reçoivent les gens sans problème. Ils savent communiquer du genre « revenez plus tard, je vous attends… », bref, ils sont ouverts au dialogue et c’est ça qui fait la différence !

Un dernier mot pour notre public ?

Vous êtes tous les bienvenus et surtout soyons solidaires tous les uns avec les autres ! À bientôt !

 

Farida
Secrétaire

 

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