Kazim, 21 ans, horticulteur

28 Février 2021

Depuis quelque temps, nous effectuons en binôme du travail social de rue. Lors de nos rondes dans le quartier nous allons à la rencontre des habitants ou parfois ce sont les habitants qui viennent à nous.

Ce travail de rencontre hors les murs trouve tout son sens et plus particulièrement pendant cette crise sanitaire. En effet, cela nous rend visible dans le quartier, cela permet de réexpliquer notre travail car même si souvent nous sommes connus dans le quartier, c’est plus notre pôle activités socioéducatives qui est connu et les jeunes ne savent pas forcément qu’on peut les aider/ accompagner au niveau de la permanence psychosociale jusqu’à leur 22 ans.

C’est dans ce cadre-là que j’ai eu le plaisir de faire la rencontre de Kazim qui vit dans le quartier depuis un certain temps mais que je ne connaissais pas du tout. En effet, Ali le connaissait car c’est un ancien de notre groupe d’activités Castors. En discutant simplement, nous avons appris qu’il était diplômé et était en recherche d’emploi. Nous lui avons fixé un rendez-vous afin de voir plus en profondeur comment nous pourrions l’aider : dans un premier temps nous avons revu son CV, nous avons réfléchi à des endroits où il serait bien de postuler, à ce qu’il pourrait faire pour acquérir de l’expérience et des compétences en plus qui lui seraient utiles dans sa recherche d’emploi : formation en langue, obtention du permis c , gestion,…

Le relais était fait : je revois Kazim pour lui transmettre des informations concrètes sur les recherches effectuées et pour qu’il m’en dise un peu plus sur lui et sur son parcours d’horticulteur car c’est une orientation moins connue.

«  Je m’appelle Kazim, j’ai 21 ans et je vis à Saint-Josse depuis toujours. Plus jeune, j’étais d’abord perdu quant à mon avenir professionnel. Lorsque j’étais en 5ème primaire, je suis passé directement en 1ère différencié, mais avec le recul, c’est un acte que je déconseille. Je suis passé d’une classe où les élèves étaient calmes, c’était cadré et je suis tombé dans une classe où c’était plus agité, il y avait des bagarres, etc., après c’est peut-être l’école qui était comme ça mais en tout cas, je ne me sentais pas trop à ma place.
Après je me suis cherché, j’avais envie de devenir mécanicien automobile, j’ai fait de la mécanique polyvalente, de la soudure mais cela ne me convenait pas trop. Puis, j’ai eu un accident de travail, ce qui a fait chuter mes points au niveau des travaux pratiques et quand tu n’as pas tes points pour la pratique, tu ne peux pas réussir ton année.
Je me suis rendu à l’Institut Frans Fischer dans l’idée de m’inscrire en travaux de bureau, et là en discutant, le directeur m’a présenté la section horticulture et l’idée m’a plu comme j’étais un peu perdu et que j’aime la nature.
Du coup j’ai fait cette option de la 3ème  à la 7ème professionnelle
. »

Comment présenterais-tu cette option à quelqu’un qui pourrait être intéressé ?

« L’horticulture, en fait c’est du jardinage : on faisait de la plantation de légumes, de fleurs, il faut aimer la nature moi j’y ai trouvé mon bonheur.
C’est physique aussi mais agréable car la nature est vivante et c’est toi qui prends soin de sa vie.
Il ne faut pas avoir peur du mauvais temps : tu travailles dans la pluie dans  froid, il ne faut pas avoir  peur de se salir mais en soi tu es bien équipé. A l’école on travaillait en serres aussi et oui, il y a des serres à Schaerbeek ! Tu dois utiliser des machines aussi, pour retourner la terre par exemple.
»

Vous étiez combien en classe ?

« Nous étions maximum 5- 6 en classe et en 6ème  et 7ème seulement 4. »

Est-ce qu’il y avait des filles ?

« Une seule mais elle n’est pas restée longtemps. »

C’est quand même un privilège d’apprendre dans ces conditions.

« Oui c’est un privilège, c’était une ambiance calme. »

Et à part la nature, qu’est-ce que tu aimes dans la vie ?

« La musculation, le fitness mais pour l’instant à cause du Corona c’est plus compliqué, j’en fais un peu à la maison mais c’est plus difficile de trouver la motivation. Je marche beaucoup, j’aime jouer au  basket, aux jeux équipe en général car je suis sociable et j’aime la cohésion d’équipe. D’un autre côté aussi j’aime la solitude, c’est important de prendre le temps de réfléchir sur soi-même.
Quand j’étais jeune j’étais chez les Scouts, je suis un ancien aux activités d’Inser’action, en fait depuis tout petit j’aime être dans la nature, faire des activités en extérieur, j’y suis vraiment dans mon élément.
»

Et du coup en vivant ici à Saint-Josse, tu n’es pas en manque de nature, tu ne voudrais pas te retrouver plus en campagne ?

« Ben paradoxalement non, je suis bien ici, tout est facilement à disposition du coup cela vient compenser le manque de nature et on peut facilement aller dans des parcs vu que nous sommes proches de tout, au centre de tout. »

Je te remercie pour cette interview et je te souhaite le meilleur pour tes projets.

Je vous dis à bientôt,

Coralie
Assistante sociale

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