Une aventure sous le froid d’octobre

Le 27 octobre restera une date mémorable pour notre groupe de jeunes aventuriers. Non pas pour la pluie battante ni pour le vent persistant, mais parce que, malgré ces conditions, nous avons décidé de maintenir notre randonnée de deux jours et une nuit sous tente. La météo n’allait pas avoir raison de notre motivation !
Dès les premières heures du matin, rendez-vous à l’AMO. Chacun s’équipe : sacs à dos, tentes, nourriture et matériel collectif. À peine sortis, c’est le déluge ! En quelques centaines de mètres, tout le monde est trempé, et certains se demandent déjà si l’aventure en vaut la peine. Mais pas question de faire demi-tour : direction Walcourt, à deux heures de train de Bruxelles. Le trajet se passe entre rires et parties de cartes.
À l’arrivée, un arrêt à la boulangerie pour acheter les baguettes du piquenique, puis cap sur un petit bois pour se mettre à l’abri du vent. Les premiers kilomètres sont déjà rudes : champs battus par les bourrasques, chemins glissants, capuches envolées… mais les jeunes avancent, solidaires et déterminés.
La pause de midi est bien méritée, mais le chemin n’est pas fini ! Après un bon sandwich, le groupe repart, direction le lac de l’Eau d’Heure. La nature, parfois capricieuse, se fait sauvage : chemins envahis de ronces, clôtures qui nous bloquent, détours imprévus… Pourtant, personne ne baisse les bras. Les jeunes affrontent les obstacles avec courage et bonne humeur.
En route, ils croisent poneys, vaches et chevaux, prennent le temps d’observer, de caresser les animaux, de s’émerveiller. Beaucoup découvrent pour la première fois ce contact direct 16 avec la nature — une expérience simple, mais profondément marquante.
Arrivés au point de rendez-vous, Roger et Bernadette, nos hôtes du jour, viennent à notre rencontre. Encore quelques kilomètres à parcourir avant leur ferme, immense et accueillante, qui émerveille les jeunes dès le premier regard.
Installation des tentes, préparation du repas et du feu de camp : l’organisation se met en place. Pour certains, tout cela est une première : monter une tente, allumer un feu, cuisiner en extérieur… Mais ensemble, ils apprennent, s’entraident et partagent.
La soirée s’achève autour du feu, entre histoires, rires et jeux de loup-garou. Trois courageux ont même dormi dehors, en vraie version « Koh-Lanta » !
Au petit matin, la nature nous réveille : chants d’oiseaux, hennissements de chevaux, fraîcheur du vent. La nuit a été froide et humide, mais Bernadette vient sauver la troupe avec un petit-déjeuner chaud servi dans la maison : boissons réconfortantes, rires et chaleur humaine avant de repartir pour les 15 km du retour. Repartir après une nuit comme celle-là n’est jamais évident, mais nous avons une équipe de 11 courageux et, malgré quelques têtes déconfites, nous sommes motivés.
Après la photo souvenir avec Roger et les remerciements, le groupe reprend la route, direction le barrage du lac de l’Eau d’Heure. Malgré la fatigue, les sourires restent présents. Les paysages, les forêts et les ruisseaux apportent une touche de magie à cette dernière journée, encore rythmée par la pluie fine et le vent.
De retour à la gare de Walcourt, les visages sont fatigués mais illuminés de fierté. Pour beaucoup, c’était une première expérience de randonnée, de repas, de vie en groupe en pleine nature.
Ils ont surmonté le froid, l’humidité, les courbatures… et surtout, leurs doutes.
À l’issue du séjour, les participants ne manquaient pas de partager leurs impressions, entre fatigue, fierté et éclats de rire.
Jenna confiait avec le sourire :
« En deux jours, j’ai marché plus que d’habitude en un mois ! »
Sarah ajoutait :
« C’était dur, mais je suis contente de ne pas avoir abandonné. »
Omar, lui, tenait à partager son enthousiasme :
« C’était sans aucun doute une de mes meilleures soirées à Inser’action. »
Aslam évoquait l’ambiance unique du campement :
« Les loups-garous de nuit, autour d’un feu, c’est des expériences de dingue ! »
Yasmine, de son côté, se souvenait surtout des moments de convivialité :
« Le fait de cuisiner tous ensemble, de rigoler, de prendre plaisir, c’est mon meilleur souvenir. Même quand on faisait la vaisselle dans le froid, avec nos mains gelées, on en garde un bon souvenir, parce qu’on a su dépasser la difficulté en rigolant ensemble. »
Enfin, Omar concluait avec enthousiasme :
« J’étais prêt à continuer deux jours de plus ! C’est une expérience incroyable. J’espère pouvoir refaire ça en été, et même l’année prochaine, parce que ça nous fait des souvenirs de fou. »
Cette randonnée n’a pas seulement été une sortie sportive : elle a été une véritable école de vie. Les jeunes ont appris à se dépasser, à se soutenir, à apprécier la simplicité d’un repas partagé sous la pluie ou d’un feu de camp improvisé.
Entre efforts, rires, solidarité et émerveillement, cette aventure aura laissé des traces durables — dans les jambes, peut-être, mais surtout dans les esprits.
Chez Inser’action, on ne craint pas la pluie : on la traverse ensemble.
GHILARDI Hadrien
Éducateur





