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L’éloquence

Le regard que nous posons est-il juge et bourreau à notre insu ?
Vous avez sûrement déjà entendu l’adage disant « C’est la première impression qui compte » ou même « jugé dès le premier regard »… Mais y avez-vous déjà bien réfléchi ?
Au cours d’une séance extraordinaire de remédiation lors des dernières vacances, certains de nos jeunes ont été voir un long métrage de cinéma sur le thème de l’éloquence ou l’art de parler en public. Le film intitulé Le Brio, retrace le parcours d’une jeune étudiante d’une grande université parisienne et de son professeur de droit la préparant à un concours d’éloquence pour devenir avocate.
Le sujet traité est en fait beaucoup plus vaste que le seul fait de bien parler…
Cette étudiante d’origine étrangère se sent en effet mal dans sa peau. Mal avec sa famille qui la rend parfois mal-à-l’aise devant ses amis, mal avec ses amis qui se fichent d’elle et de son implication scolaire et ne perdent jamais une occasion de lui dire que ses belles études ne lui serviront à rien avec sa couleur de peau, mal dans ses études où « l’élite » française lui fait comprendre qu’elle n’y a pas sa place… Et l’espoir n’arrive pas vraiment de là où on l’attendait. C’est finalement grâce à son professeur aux discours limites et parfois racistes qu’elle prendra confiance en elle pour surmonter toutes ces barrières l’empêchant de devenir celle qu’elle a toujours rêvé d’être.
On découvre au fil du temps que le professeur à la rhétorique blessante n’est pas quelqu’un de méchant mais quelqu’un de strict au caractère fort. Qu’il n’est pas sadique mais désire faire réagir son interlocuteur. Qu’il est en fait, une bonne personne avec un très sale caractère.
Donnons-nous toujours la même image de nous-même ?
La posture que l’on va adopter (la manière de se tenir debout) avant un discours en public en change-t-elle le sens ? En change-t-elle l’interprétation que les autres en feront ?
Le choix des mots est-il juste, l’agencement des idées importantes et le choix de ses arguments sont-ils pertinents…
Autant de questions à se poser avant même de sortir un son si l’on souhaite que le résultat de la discussion corresponde à nos attentes. Mais aussi, il faut être conscient qu’un sourire aux lèvres sur une même lecture peut entièrement changer tout notre discours en le rendant doux et affectueux au lieu d’être jugé sarcastique et/ou ironique.
Qu’il semble facile de discourir devant une assemblée… Alors pourquoi devient-on rouge lorsque nous posons le pied sur l’estrade ?
Malaise, peur, désinvolture et nonchalance sont les pires ennemis du discourt implicite…
Assumons donc nos faiblesses et nos fautes, restons nous-même jusqu’à détenir les compétences de s’exprimer comme on le voudrait. Être bien dans sa peau ou juste sûr de soi peut nous sauver de bien des embarras…
Courbettes et révérences n’aident généralement pas, mais rester digne et assumer ses idéaux nous rend noble.
Demandons maintenant à Yunus ce qu’il a pensé de notre atelier spécial sur l’éloquence et l’art de bien parler…
«Qu’est-ce que notre atelier t’a apporté ?
On a bien rigolé…
Est-ce dur de s’exprimer devant une assemblée ?
Je ne sais pas parce que je bloque. Je stresse beaucoup. ça vient tout seul, mon coeur se crispe et j’oublie tout.
Qu’aimerais-tu dire aux autres sur l’école ?
Je n’aime pas l’école car avec le stress j’oublie tout… Je bloque devant le tableau.
Cela te plairait-il de bien parler comme un ministre ou un écrivain ?
J’aimerais si je ne bloquais pas…»
Voici donc un but à atteindre, tous à vos bouquins.
Richa