La pression scolaire, une réalité dès le primaire

Le mercredi 4 février, avec les Castors, nous sommes allés voir une pièce de théâtre au Théâtre de la Vie. Elle s’appelait Assis sur ma chaise. Cette dernière nous racontait l’histoire de Blaise, un jeune en décrochage scolaire. Avant d’aller à l’école, une peur l’envahit, décrite comme une pierre dans son ventre. Il a peur de ne pas trouver ses mots, de ne pas bien répondre aux questions, de rater ses interrogations et que l’on se moque de lui. Ce n’est pas un enfant qui n’étudie pas, mais il rencontre de grosses difficultés de concentration. Un jour, il connaît ses leçons, mais une fois devant sa copie, il oublie tout. La pièce nous a fait voyager dans son quotidien et dans son imagination. Elle aborde avec justesse ce que peut ressentir un enfant dans cette situation.
Après la pièce, nous avons pris un petit temps dans un parc pour en discuter. Je leur ai posé plusieurs questions, comme :
« Qu’est-ce que vous avez pensé de la pièce de théâtre ? L’avez-vous aimée ? »
Les réponses des Castors ont été riches et variées :
« J’ai beaucoup aimé la musique »
« C’était drôle »
« Comment ils ont fait pour faire bouger le décor ? J’ai beaucoup aimé cela »
« Comment ils ont fait pour écrire sur le tableau sans le toucher ? »
« Ils étaient vraiment drôles, les acteurs ».
Ils se sont posé beaucoup de questions. J’ai pu, tant bien que mal, répondre aux questions qu’ils se posaient sur la mise en scène. Ensuite, je suis passé à une question beaucoup plus profonde :
« Est-ce que vous avez déjà ressenti cette pierre dans le ventre, comme Blaise ? »
À cette dernière question, les réponses ont été unanimes :
« oui ».
Interpellé par ces réponses, j’ai creusé un peu plus :
« Qu’est-ce qui vous fait ressentir cette pierre dans le ventre ? »
Les réponses ont fusé :
« Les interrogations »
« Quand je n’ai pas étudié »
« Parce que des fois, j’ai peur d’avoir oublié de faire un devoir »
« Parce que j’ai peur d’avoir oublié mon devoir à la maison »
« De tout oublier à l’interro »
et même :
« Parce qu’il y a des plus grands qui m’embêtent à l’école, qui me harcèlent ».
Ces réponses m’ont surpris, car pour moi, c’est surtout à l’entrée en secondaire que ce genre de discours est le plus courant. La pièce a mis des mots sur quelque chose que beaucoup vivent déjà. Cela m’a poussé à me poser une question :
Est-ce que la pression scolaire se fait ressentir de plus en plus tôt aujourd’hui ?
Pour aller plus loin dans cette réflexion, j’ai fait quelques recherches et je me suis informé en lisant plusieurs articles en ligne, notamment sur L’Atelier des mots, Hello Merlin, My Book Story et La Vila. Dans l’ensemble, ces articles vont dans le même sens : la pression scolaire est souvent plus présente et plus visible en secondaire qu’en primaire.
Cependant, l’article de My Book Story se penche plus précisément sur le stress scolaire chez les enfants de 6 à 12 ans. Dans son article « Gérer la pression scolaire : le guide pour aider votre enfant (6-12 ans) à s’épanouir », on apprend notamment à reconnaître la différence entre une simple fatigue passagère et une réelle pression scolaire.
L’article explique que la pression scolaire ne se résume pas à la peur d’une mauvaise note. Pour un enfant entre 6 et 12 ans, c’est un cocktail complexe fait des attentes des parents (même bienveillantes), de celles des professeurs et surtout des siennes.
Il nous apprend aussi :
« Ce stress ne crie pas toujours son nom. Il se cache souvent derrière de petits changements de comportement que l’on pourrait facilement mettre sur le compte d’une mauvaise passe ».
J’aurais pu vous faire un compte rendu détaillé de chaque article, en expliquant le pourquoi du comment, mais ce n’est pas mon objectif ici. Mon intention est surtout de vous alerter : le stress scolaire se fait ressentir de plus en plus tôt de nos jours. Parfois, un détail qui semble anodin cache une montagne bien plus lourde à porter pour l’enfant. Et cette montagne, il n’a pas toujours les mots pour l’exprimer.
Être attentif, poser une question, prendre le temps d’écouter… ce sont parfois de petites choses qui peuvent faire une grande différence. À Inser’action, nous essayons chaque jour d’offrir un espace où les enfants peuvent souffler, s’exprimer et être eux-mêmes, sans pression. Et c’est ensemble, parents et éducateurs, que nous pouvons aider les enfants à déposer ce qu’ils portent, avant que cette « pierre dans le ventre » ne devienne trop lourde.


