La collaboration avec les parents : un élément essentiel de l’accompagnement

30 Septembre 2026
La collaboration avec les parents : un élément essentiel de l’accompagnement

Au sein d’Inser’action, nous constatons chaque jour l’importance de la collaboration avec les parents dans l’accompagnement des enfants et des jeunes que nous accueillons. Peu importe l’âge de l’enfant, les parents restent les premières personnes de référence dans sa vie. C’est pourquoi il nous paraît indispensable de travailler avec eux, et non uniquement autour d’eux.

Les familles qui poussent la porte de notre service viennent souvent avec des questionnements, des difficultés ou des problématiques rencontrées dans leur quotidien. Notre rôle est alors d’écouter, de soutenir, d’accompagner et de réfléchir avec elles à des pistes de solutions adaptées à leur réalité.

Nous travaillons avec les enfants et les jeunes afin de les aider à développer certaines compétences, à comprendre certaines situations ou à adopter de nouveaux comportements. Cependant, tout ce travail perd une partie de son sens s’il ne se poursuit pas en dehors de l’AMO.

En effet, lorsqu’un jeune reçoit un message au sein d’Inser’action mais qu’il est confronté à une réalité totalement différente à la maison, il lui devient difficile de donner du sens à ce qui est travaillé avec nous. La cohérence entre les différents adultes qui gravitent autour de l’enfant est essentielle. Lorsque parents et professionnels avancent dans la même direction, les effets sont souvent plus visibles, plus rapides et surtout plus durables.

Cette collaboration ne doit pas uniquement exister lorsqu’une difficulté apparaît ou lors des premiers mois de l’année. Elle doit être entretenue et nourrie tout au long de l’année. Maintenir le contact, prendre le temps d’échanger, partager les réussites comme les inquiétudes permet de construire une relation de confiance bénéfique pour tous. À l’inverse, lorsque les échanges se raréfient, le lien se fragilise progressivement. Cela peut créer des incompréhensions, des incohérences ou encore laisser l’enfant naviguer entre différents discours sans véritable cadre commun.

Au-delà de cette nécessité éducative, nous constatons aujourd’hui une évolution qui nous interroge. Au fil des années, nous avons le sentiment que la participation des parents aux moments de rencontre proposés par l’AMO est devenue plus difficile. Cette impression ne concerne pas l’intérêt qu’ils portent à leurs enfants, mais davantage leur présence lors des activités et des temps d’échange que nous organisons.

Lors des événements organisés tout au long de l’année, comme la journée des montées, la journée de clôture ou d’autres moments de convivialité, nous remarquons une présence parentale plus limitée qu’auparavant. Pourtant, ces journées ont été pensées pour favoriser les échanges, renforcer les liens et permettre aux familles de partager un moment important dans le parcours de leur enfant au sein de notre service. Aujourd’hui, nous avons souvent le sentiment de devoir multiplier les rappels et les sollicitations afin d’obtenir une réponse ou une participation.

Cette situation se retrouve également dans le quotidien. Nous avons parfois l’impression qu’une habitude s’est installée : c’est presque toujours l’éducateur qui doit aller vers le parent. À la fin des activités, les échanges deviennent de plus en plus courts. Certains parents déposent ou récupèrent leur enfant rapidement, parfois en restant en double file devant la porte, ce qui ne permet pas de prendre le temps de discuter. D’autres ne viennent plus eux-mêmes accompagner leur enfant.

Bien entendu, nous comprenons les contraintes de chacun ainsi que les réalités parfois complexes des familles. Cependant, dans ces situations, nous recevons rarement un appel ou un message pour savoir comment s’est passée la journée, connaître les éventuelles difficultés rencontrées ou simplement prendre des nouvelles de ce qui a été vécu pendant les activités.

Nous pensons que cette évolution est aussi liée à la confiance que les familles nous accordent. Beaucoup nous connaissent depuis plusieurs années et savent que leurs enfants sont accueillis dans un cadre sécurisant et bienveillant. Cette confiance est précieuse et nous en sommes reconnaissants. Cependant, la confiance ne peut pas remplacer l’implication.

Il nous semble également important de rappeler qu’une AMO travaille à partir de la demande des jeunes et des familles. Nous sommes présents pour accueillir, écouter, soutenir et accompagner. Nous proposons un soutien à la parentalité lorsque cela est nécessaire, mais ce soutien ne doit jamais être confondu avec une substitution au rôle parental. Les parents demeurent les acteurs principaux de l’éducation de leur enfant. Nous pouvons soutenir, guider et conseiller, mais nous ne pouvons pas agir à leur place.

Cette collaboration permet également de tenir compte des réalités de chacun, de construire des objectifs réalistes et de trouver des solutions concrètes pouvant être appliquées au quotidien. Travailler ensemble ne signifie pas se concentrer uniquement sur les difficultés. Cela signifie aussi prendre le temps de valoriser les progrès, de partager les moments positifs et de reconnaître le chemin parcouru. C’est souvent dans ces moments que la relation se renforce et que chacun retrouve la motivation nécessaire pour continuer à avancer.

Pour toutes ces raisons, nous sommes convaincus que la collaboration avec les parents doit rester au cœur de notre travail éducatif. Elle demande du temps, de l’engagement et une volonté commune de construire ensemble. Elle ne peut pas exister uniquement lors des premiers contacts ou lorsque les difficultés deviennent importantes. Elle doit vivre tout au long de l’année, à travers les échanges quotidiens, la participation aux activités, les rencontres organisées et l’intérêt porté au parcours de l’enfant.

Car lorsqu’un enfant sent que les adultes qui l’entourent travaillent ensemble, communiquent et avancent dans la même direction, il bénéficie d’un cadre plus cohérent, plus sécurisant et plus favorable à son épanouissement.

actualités

À Bruxelles, beaucoup de familles rencontrent des difficultés lorsque leur enfant présente un handicap, un trouble du spectre de l’autisme (TSA) ou des troubles de l’apprentissage comme la dyslexie (lecture/écriture) ou la dyspraxie (gestes). Même s’il existe des aides et des écoles spécialisées,...

Le film Les Baronnes (2025) raconte l’histoire de quatre femmes vivant à Molenbeek, dont la vie bascule lorsque l’une d’elles découvre que son mari mène une double vie. Refusant de subir la situation, elle décide de reprendre le contrôle de sa vie en réalisant un rêve oublié : faire du théâtre et...

La fin d’année scolaire arrive, ramenant dans ses bagages le retour du soleil, la nature qui reprend ses droits avec les arbres en fleurs et le bourdonnement discret des insectes. Une atmosphère presque légère, qui donne un avant-goût de vacances… mais qui, pour beaucoup d’élèves, annonce aussi une...

Il est naturel d’aider un ou une amie, un proche, un parent. Et pourtant, demander de l’aide pour ses propres besoins reste souvent compliqué. Au sein de nos permanences, parmi les besoins exprimés, on retrouve notamment la rédaction de CV et de lettres de motivation, la recherche d’un job étudiant...

On entend souvent ce grand mot à l’école ou à la télé : l’empathie. Mais au fond, c’est quoi ? Ce n’est pas un cours d’histoire, c’est plutôt une sorte de "super-pouvoir" que l’on utilise tous les jours dans nos activités, sans même s’en rendre compte. C’est cette petite voix qui nous dit : "Hé, je...

Parfois, en accompagnant des jeunes, on découvre des choses auxquelles on ne s’attend pas. C’est exactement ce qui s’est passé lorsque j’ai lu le poème de Sohaib. Au départ, je pensais lire un simple exercice d’écriture. Moi l’amoureux des lettres et de l’écriture, j’ai été surpris par la...