« La plus grande gloire n’est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute. »

31 Décembre 2018

Ce mois-ci je voulais vous faire part du témoignage d’une jeune de 19 ans que je suis et que j’accompagne dans le cadre de la permanence psychosociale :
Y. a suivi un parcours scolaire normal jusqu’à sa troisième technique de qualification. Ensuite, elle a vécu des événements difficiles qui ont fait qu’elle a décroché de l’école, elle n’a plus été à l’école pendant plus ou moins 2,5 ans. Elle a tenté de reprendre l’école en 3ème professionnelle à l’âge de 18 ans mais tous ses soucis n’étaient pas réglés et elle se sentait comme une bombe à retardement prête à exploser à tout moment. Elle a donc lâché prise.
Elle estime que si une personne a besoin d’une pause et que cela implique d’interrompre son parcours scolaire ou professionnel, il faut le faire et ne pas tirer sur la corde car cela pousse même parfois, dans des situations extrêmes, des gens à bout. Tout le monde a le droit de chuter et ce, même plusieurs fois.
Coralie : Quel a été ton moteur pour reprendre une formation, trouver un projet ?
Y. : Je n’ai pas vraiment eu de déclic, je me suis retrouvée hospitalisée à plusieurs reprises et j’étais bien à l’hôpital, j’étais dans un cocon, on s’occupait de moi. Je me suis dit que je devais arrêter d’être bien à l’hôpital mais plutôt faire en sorte d’être bien dans la société. Pour cela, je me suis dit que je devais reprendre une formation parce que passer sa vie à l’hôpital, cela n’est pas une vie. Je n’avais plus de raisons valables pour être hospitalisée, je devais essayer de grandir et ne plus rester là où tu es couvée, tu es comme un enfant.
Coralie : Comment tu t’y es prise ?
Y. : Je suis venue te voir, nous sommes allés à la Cité des métiers de Bruxelles Formation où j’ai essayé de trouver une formation qui me conviendrait. J’avais déjà dans l’idée de vouloir travailler avec des enfants qui rencontrent des difficultés, qui sont en souffrance. J’ai fait un petit test d’orientation et je me suis décidée pour une formation d’éducatrice. Nous avons regardé les écoles qui organisaient la formation. Mon choix s’est porté sur 2 écoles, une à Bruxelles et une en dehors mais comme je n’avais pas mon CESI, pour pouvoir accéder à la formation je devais passer un test d’admission,…
Ensuite, tu m’as accompagnée à la séance d’informations qu’organisait une des écoles, nous avons reçu les informations concernant le test d’admission. Tu m’as aidé à me préparer au test. Je pensais vraiment avoir raté et quand j’ai reçu mes résultats j’étais hyper contente, cela m’a redonné confiance.
J’ai réussi les 2 tests d’entrée mais une des deux écoles n’avait pas assez d’étudiants pour organiser l’option donc mon choix était fait. Tu m’as accompagné pour l’inscription et me voilà maintenant inscrite en formation d’éducatrice en promotion sociale, j’ai cours 2x/semaine, ce qui n’est pas trop, comme cela je reprends en douceur, et il y a moins de risque que je lâche. Cela change aussi, je suis entourée d’adultes, je suis une des plus jeunes, du coup il y a toujours quelqu’un pour me prendre sous son aile, c’est un climat plus rassurant.
Coralie : En quoi Inser’action t’as aidé ?
Y. : Tu m’as accompagné partout quand j’en avais besoin, tu m’as beaucoup motivée et Félix aussi. Je vous connais depuis longtemps donc j’ai confiance, Inser’action est un endroit familier pour moi où je me sens en sécurité. Je te remercie Coralie pour tout ce que tu as fait pour moi depuis tout ce temps.
Coralie : De rien et merci à toi pour ce témoignage plein d’espoir. Tu nous montres bien qu’il n’est jamais trop tard. On peut toujours se motiver et trouver un projet réalisable et qui nous correspond, même si avant cela on a chuté. Pouvoir contribuer et accompagner au relèvement après la chute est gratifiant dans notre pratique professionnelle.

Coralie
Assistante sociale

 

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