Nisrine et les réseaux sociaux.

30 Novembre 2020

Aujourd’hui, je rencontre Nisrine pour une interview. En effet cela faisait longtemps et je voulais prendre de ses nouvelles et avoir une discussion avec elle en tant que jeune du quartier.
Nisrine voulait faire de la prévention concernant les réseaux sociaux et plus particulièrement Tik Tok.
Coralie : « Pourquoi c’est un sujet qui te touche, est-ce que c’est un réseau que tu utilises ?
Moi j’y vais, je regarde mais je ne poste rien, en fait tout le monde peut l’utiliser, regarder des vidéos mais si tu veux t’abonner ou liker alors tu dois t’inscrire. Je voulais en parler parce que ça me choque un peu, tu vois partout des gens qui font des vidéos Tik Tok par exemple ils dansent dans les transports en commun et ce sont souvent des jeunes de 12-13 ans. Dans mon entourage, j’ai des gens de 9 ans voire même de 6 ans qui ont un compte. C’est dangereux, tu peux voir des vidéos avec des contenus bizarres, pas adaptés à des enfants.
Coralie : Tu crois qu’à cet âge-là les enfants sont conscients des dangers du Net ?
Certains oui mais c’est surtout les parents qui doivent l’être, il ne faut pas donner à un enfant un téléphone si jeune et surtout sans lui expliquer les dangers, comment l’utiliser et sans avoir un regard sur ce que les enfants y font.
Coralie : Selon toi, quels sont les dangers ?
Premièrement, les contenus sur lesquels tu peux tomber, deuxièmement il y a le fait de s’exposer, et aussi une fois que tu postes ta vidéo, c’est fini elle ne t’appartient plus tu ne sais pas où elle va.
Coralie : Qu’est-ce qu’il faudrait faire pour conscientiser ?
Par exemple, il faudrait déjà que les parents eux-mêmes s’informent, prennent conscience des risques et surtout qu’ils regardent ce que font leurs enfants. L’excuse qu’on entend souvent quand un enfant a un téléphone jeune c’est : « Oui mais il est en secondaire ou il va à l’école seul et il faut que je puisse le joindre » Ok mais un petit téléphone suffit ce n’est pas obligé d’être un smartphone !
Coralie : Je vais un peu plus loin, et ceux qui te diront oui mais s’il a un simple téléphone, il va être différents, les autres vont se moquer etc.
On réfléchit ensemble : tu peux quand même avoir un certain contrôle : par exemple ne pas avoir droit à des gigas Internet, il reste le Wifi mais au moins l’accès est limité, il y a des applications aussi de contrôle parental mais alors où est l’équilibre entre contrôle et respect de l’intimité ? Et est-ce qu’un enfant a une vie privée et si oui à partir de quel âge ? Nous voyons bien que cela amène des questions auxquelles il n’est pas si facile de répondre.
Je pense que les parents doivent être dans la prévention et dans la communication  et aussi d’une certaine manière faire confiance à leurs enfants mais s’ils voient que leurs enfants ne comprennent pas alors là il faut sévir. Je ne pense pas qu’il y ait un âge spécifique tout dépend de l’enfant, voir s’il a de la jugeote ou s’il est naïf, tout dépend de la maturité du jeune.
Coralie : Aux enfants et aux jeunes tu leur dirais quoi ?
Il ne faut pas croire tout ce qu’on voit. Par exemple, les filles ont l’air souvent trop belles cela peut créer des complexes, ou faire que les petites veulent déjà se maquiller, s’habiller d’une certaine manière pour ressembler aux filles qu’elles voient et suivent sur les réseaux.
On retrouve vraiment tout type de contenus sur Tik Tok, n’importe qui peut poster n’importe quoi. Il existe aussi un phénomène dans la société actuelle : les gens te filment à ton insu et ne considèrent pas le droit à l’image. Combien de fois on ne voit pas une bagarre ou simplement des gens qui filment et postent les vidéos sans l’accord des gens qui y figurent En fait, cela peut même créer une sorte de paranoïa. Tu as peur d’être toi-même par peur d’être filmé et balancé sur les réseaux.
Coralie : Est-ce que tu penses que l’école aurait aussi un rôle à jouer ?
L’école pourrait organiser une journée de sensibilisation ou même carrément intégrer une sensibilisation au programme des cours pour que cela soit pris plus au sérieux par les jeunes. Mais en tout cas le premier rôle revient aux parents.
Un autre aspect auxquels les jeunes ne pensent pas forcément c’est que les vidéos ne disparaissent pas donc à 19-20 ans par exemple tu vas postuler, l’employeur se renseigne sur toi et peut retrouver une vidéo que tu as postée à 14 ans et dont tu n’es pas fier. J’ai vu une vidéo sur TiK Tok d’une infirmière qui expliquait qu’elle avait refusé une stagiaire parce qu’elle avait vu une vidéo d’elle un peu compromettante. Cet aspect-là les jeunes n’y pensent pas, ils ne pensent pas à leur avenir quand ils postent quelque chose et en plus souvent ils se sentent plus libres dans le monde virtuel mais cela peut les rattraper dans la vie réelle.
Pour les jeunes en recherche de confiance aussi c’est risqué car si c’est un enjeu de gagner en confiance c’est vrai que cela peut faire du bien d’avoir des vues, des likes des abonnés, cela peut valoriser mais aussi il y a des commentaires méchants qui peuvent avoir un impact et faire perdre confiance en soi.
Coralie : Qu’est-ce qui fait que tu aies pris ce recul, est-ce que tu as vécu une mauvaise expérience, ou quelqu’un dans ton entourage ?
Non du tout, c’est juste une prise de conscience. Je n’ai pas le temps car je me consacre à mes études et je trouve que tu perds beaucoup de temps inutilement sur les réseaux. Tu peux utiliser ce temps-là pour lire par exemple.
Cela fait un an que j’essaye de me recentrer sur l’essentiel, je m’intéresse plus à ma religion, je me suis rendue compte qu’en fait je n’y connaissais pas grand-chose et maintenant j’apprends et je lis aussi des livres sur le développement personnel.
Avant, j’avais beaucoup d’amis mais je trouve que c’est mieux de réduire ton cercle d’amis, ce n’est pas bon d’avoir trop d’amis car « on devient ce qu’on fréquente », il faut faire attention à ses fréquentations. Faut faire le tri, il y a des personnes qui sont là pour toi, qui te soutiennent, d’autres qui vont te tirer vers le bas, te faire douter et tu te rends compte au final qu’il y a un décalage entre toi et ces personnes et du coup l’éloignement se fait naturellement en fait.
De base, je suis quelqu’un qui n’aime pas trop raconter sa vie, je trouve qu’avoir un journal et noter ses pensées, ses ressentis c’est bien. Cela permet d’extérioriser, de ne pas garder tout en soi et on peut avoir confiance en son journal.

Merci Nisrine pour ce témoignage, j’espère qu’il fera écho.
Je vous dis à bientôt.

Coralie
Assistante sociale

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