L'histoire d'un migrant

30 Juin 2018

Je vais vous raconter l’histoire de Zahidullah qui est suivi à notre permanence psycho-sociale depuis bientôt 1 an.
Il a quitté l’Afghanistan à l’âge de 16 ans car les Talibans voulaient le « recruter ».
Ils lui ont demandé de les rejoindre et lui ont dit qu’il pourra revoir son père s’il accepte. En effet son papa a disparu, probablement kidnappé, depuis des années et jusqu’à aujourd’hui, il ne sait toujours pas s’il est vivant ou mort.
Sa famille a alors vendu quelques terres et lui ont offert une nouvelle vie. Un départ à 10.000€ vers l’inconnu.
De toute façon, comme il le dit si bien, ça ne peut pas être pire.
Zahidullah n’a jamais été à l’école car la région dans laquelle il vit est contrôlée par les Talibans et pour ces derniers, aller à l’école c’est aller à l’encontre de la religion et s’éloigner de Dieu. Du coup, jusqu’à ses 16 ans et tout comme ses frères et sœurs maintenant, il n’a été qu’à l’école Coranique.
Son chemin jusqu’en Belgique a duré environ 3 mois.
Il est passé par l’Iran puis la Turquie mais le plus difficile est de passer la frontière Bulgare.
Il a été arrêté 5 fois et ce n’est qu’à la 6éme traversée qu’il y est parvenu.
Ensuite, il est passé par la Serbie, la Hongrie, l’Autriche, l’Italie, la France puis la Belgique.
Dans certains pays comme en Italie et en France, il s’est arrangé avec d’autres personnes afin de construire un logement de fortune : En Italie, ils avaient occupé une gare désaffectée pendant plusieurs jours
Chaque passeur les déposait dans un endroit et leur donnait un mot de passe (style tomate, radio…etc) qu’ils devaient fournir au prochain passeur et c’est ainsi qu’ils étaient pris en charge.
Lorsque je lui demande comment il a pu payer toute la somme d’un coup sans être sûr d’arriver en Europe, il m’explique que celui qu’il a payé est Afghan, et il est connu dans sa région et qu’au cas où les voyageurs n’arrivent pas à destination, sa famille ira le voir  lui réglera ses comptes !!!!
Une fois arrivé à Bruxelles, il a été déposé à la gare du midi.
Il ne sait pas pourquoi il est resté ici… Il n’avait pas d’idées ni de choix prédéfini.
C’est ainsi qu’il a croisé un autre Afghan qui lui a indiqué le parc Maximilien. Il s’y est rendu ainsi qu’au commissariat des refugiés afin de faire sa demande d’asile.
Il a ensuite été envoyé dans un centre où il a subi un test afin que les autorités s’assurent qu’il est mineur.
C’est ainsi qu’il a été envoyé dans un centre pour MENA (mineurs étrangers non-accompagnés).
Ensuite, il a vécu à Gembloux où il s’est inscrit en classe passerelle afin d’apprendre le français et quelques cours généraux ce qui lui a donné directement accès à une 3éme professionnelle.
Il voulait déménager à la capitale mais ce n’est pas facile lorsque l’on est seul et comme le hasard fait bien les choses (quelques fois), il a rencontré Ismail qui est devenu son colocataire.
Zahidullah a 18 ans aujourd’hui, il finit sa 3ème professionnelle à l’institut des arts et métiers. Il vit en Belgique depuis environ 2 ans.
Il est heureux mais s’inquiète de la situation de sa famille et pense souvent à ses frères et sœurs plus jeunes restés au pays. Il voudrait tellement les aider mais ce n’est pas facile.
Souhaitons-lui beaucoup de chances à la hauteur de ses efforts et des difficultés qu’il a traversées.

actualités

Une idée reçue qui mérite d’être questionnée Depuis plusieurs mois, une question me trotte dans la tête : les jeunes manquent-ils réellement de vocabulaire ? À Inser’action, j’ai remarqué quelque chose qui m’interpelle. Lorsqu’on demande à un jeune de raconter une activité, d’exprimer son avis ou...

ce qu’en disent réellement les jeunes Ces derniers mois, dans le cadre du Travail Social de Rue, un sujet revient sans cesse dans les discussions avec les adolescents : le désir de changer d’option ou d’établissement scolaire. Il ne s’agit ni d’un caprice, ni d’un effet de mode, mais bien d’une...

Ils l’ont fait ! Après une année entière de répétitions, de petits jeux, d’exercices et d’improvisations, notre petite troupe de théâtre s’est produite à la Maison des Cultures de Saint-Gilles. Un moment attendu, chargé d’émotion, et surtout porteur d’un message fort sur le racisme ordinaire et les...

Le 27 octobre restera une date mémorable pour notre groupe de jeunes aventuriers. Non pas pour la pluie battante ni pour le vent persistant, mais parce que, malgré ces conditions, nous avons décidé de maintenir notre randonnée de deux jours et une nuit sous tente. La météo n’allait pas avoir raison...

La deuxième semaine des stages de Toussaint était consacrée au groupe des Castors. Le programme, bien rempli, a offert aux enfants une multitude d’activités : cuisine, décoration de citrouilles, grand jeu, et une sortie au musée. Mais s’il fallait retenir un moment fort de cette semaine, ce serait...

Pendant longtemps, le père était surtout considéré comme celui qui travaillait pour subvenir aux besoins de sa famille. Son rôle se limitait souvent à poser un cadre et à assurer la sécurité du foyer. De nos jours, avec le souhait d’égalité et de partage des rôles, on attend des pères qu’ils soient...