Handicap, troubles de l’apprentissage et école spécialisée : un parcours souvent compliqué pour les familles

30 Juin 2026

À Bruxelles, beaucoup de familles rencontrent des difficultés lorsque leur enfant présente un handicap, un trouble du spectre de l’autisme (TSA) ou des troubles de l’apprentissage comme la dyslexie (lecture/écriture) ou la dyspraxie (gestes). Même s’il existe des aides et des écoles spécialisées, trouver un accompagnement adapté reste souvent long, coûteux et compliqué.

Le parcours commence souvent lorsque les professeurs remarquent que l’enfant rencontre des difficultés à l’école. Ils en parlent alors aux parents et les dirigent vers le centre psycho-médico-social (CPMS) de l’école. Le CPMS conseille ensuite de réaliser des bilans ou des tests auprès de professionnels spécialisés comme des logopèdes, psychologues ou psychomotriciens. Ces tests servent à mieux comprendre les difficultés du jeune et à trouver les aides adaptées. Mais cette étape est souvent compliquée. Les rendez-vous prennent du temps, certains professionnels sont peu disponibles et les bilans peuvent coûter cher.

Il arrive aussi qu’un enfant cumule plusieurs troubles ou handicaps. Dans ce cas, les professionnels doivent déterminer quel trouble est le plus important afin de choisir l’orientation scolaire la plus adaptée. Une fois le bilan réalisé, retour à la case CPMS afin d’obtenir une attestation permettant l’orientation vers une école spécialisée. Cette attestation ne peut être délivrée que par les CPMS et les hôpitaux.

Même lorsque les familles obtiennent leur ticket d’entrée pour une école spécialisée, en trouver une reste souvent très compliqué. En effet, beaucoup d’écoles sont déjà complètes et les listes d’attente sont longues. Certaines familles doivent contacter de nombreuses écoles avant de trouver une place. D’autres sont obligées de choisir une école qui ne correspond pas totalement aux besoins de leur enfant ou qui se trouve très loin du domicile. Il est aussi difficile de créer des écoles adaptées à chaque type de handicap ou de trouble, ce qui peut surcharger les écoles spécialisées existantes et compliquer l’accompagnement des jeunes.

Une directrice d’une école spécialisée de type 8 (troubles des apprentissages) témoigne que cette situation est devenue très compliquée pour les écoles comme pour les familles. Elle raconte qu’elle accepte parfois des enfants ayant des troubles du spectre de l’autisme (TSA), devant normalement être orientés vers d’autres types d’enseignement spécialisé : « J’essaie le moins possible mais parfois c’est tellement difficile pour les parents. »

Elle explique aussi que certaines prises en charge ne sont pas toujours adaptées faute de moyens suffisants : « Il n’y a pas assez de logopèdes, pas de psy, pas d’éducateur, on fait avec ce qu’on a. » Selon elle, les écoles pourraient mieux aider les jeunes si elles disposaient davantage de personnel et de ressources. Elle ajoute également que les refus par manque de place sont fréquents : « À partir de juin, je n’ai déjà plus de place et parfois même avant. » Enfin, elle remarque que certains parents arrivent à l’école sans diagnostic ou sans attestation officielle : « Tous les ans, j’ai des parents qui viennent avec un mot des profs dans le journal de classe ou le bulletin en pensant que c’est suffisant parce que les enseignants ne leur ont pas correctement expliqué. »

Pour aider les élèves à rester dans l’enseignement ordinaire lorsque c’est possible et désengorger les écoles spécialisées, les établissements doivent mettre en place des aménagements raisonnables pour les enfants présentant un diagnostic (par exemple : plus de temps pendant un examen, l’utilisation d’un ordinateur, de feuilles adaptées ou une aide supplémentaire en classe). Mais dans la réalité, ces aménagements ne sont pas toujours suffisants et ne répondent pas toujours aux besoins du jeune. Selon UNIA, la qualité des aménagements raisonnables reste très différente selon les écoles et certaines familles estiment qu’ils sont parfois incomplets ou mal appliqués (UNIA, 2023).

Dans notre travail, nous accompagnons régulièrement des familles confrontées à ces difficultés. Nous avons aidé plusieurs jeunes présentant des handicaps ou des troubles du développement et de l’apprentissage. Notre rôle est d’aider les familles à mieux comprendre les démarches, à chercher des écoles spécialisées, des centres adaptés ou des professionnels comme des logopèdes. Nous accompagnons aussi certaines démarches administratives avec les CPMS, les mutuelles ou les services d’aide.

Lors de nos activités et de notre travail de rue, nous rencontrons également des enfants ayant des besoins spécifiques. Nous faisons alors attention à adapter nos activités afin que tous les jeunes puissent participer, se sentir inclus et avoir leur place parmi les autres enfants.

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