Être père aujourd’hui : paroles de papas

31 Janvier 2026

Aujourd’hui, la société attend beaucoup des pères : être présents, soutenants, disponibles émotionnellement, tout en continuant à assurer une stabilité matérielle. Mais derrière ces attentes, comment les pères vivent-ils réellement leur rôle ?

Après avoir analysé le mois passé, la place que la société donne à l’implication paternelle, il m’a semblé essentiel de donner la parole aux premiers concernés : les papas eux-mêmes.

A : “Protéger les enfants, les guider, les conseiller.
Essayer de leur offrir ce qu’ils veulent et les écouter”.

S : “C’est aider mon enfant quand il en a besoin. Être son repère, quelqu’un sur qui il peut compter”.

Y : “Aujourd’hui, c’est un vrai grand défi avec la mondialisation, tous les changements avec les réseaux sociaux et aussi les difficultés financières, notamment avec les modes de consommation actuels. C’est aussi un sacrifice, car ça demande du temps, des efforts et beaucoup d’attention”.

Qu’est-ce que cela signifie pour vous être père aujourd’hui ?

VOICI CE QU’ILS EN DISENT :

Que faites-vous souvent avec vos enfants ?

A : “Regarder des films, écouter de la musique, faire des virées en voiture.”

S : “Je sors beaucoup avec ma fille pour aller faire les magasins ou pour acheter des livres. Je sors aussi avec elle pour juste marcher et manger quelque chose.”

Y : “Comme font la majorité des parents, c’est-à-dire beaucoup répéter les choses pour qu’ils écoutent. À part ça, bien sûr on joue ensemble aux jeux de société, on discute de l’école, on sort dehors…”

Parlez-vous facilement avec eux ?

S : “Oui, je parle avec ma fille normalement. Je ne vois pas pourquoi ça devrait être différent avec elle, c’est mon enfant et je reste moi-même avec elle.”

Y : “Oui, bien sûr il y a des moments où le ton monte un peu, mais c’est très rare.”

A : “Oui. Toute relation est basée sur la confiance et la vérité.”

Vous sentez-vous libre de montrer vos émotions à vos enfants ?

S : “Il est vrai que je ne montre pas toutes mes émotions à ma fille, mais des sentiments comme la tristesse ou la joie, je lui montre, car je suis un humain et je pense que c’est normal de montrer mes sentiments, mais j’essaye toujours d’être pudique face à ça.”

Y : “Oui, c’est normal, c’est ce qu’il faut, surtout les bonnes émotions, mais les mauvaises, on les cache pour ne pas les rendre tristes.”

Quelle est la partie la plus difficile pour vous dans le fait d’être père ?

A : “Le plus dur est de leur faire comprendre que parfois, ils prennent le mauvais chemin.”

S : “De mal la comprendre pendant son adolescence, car c’est là où elle change le plus.”

Y : “La partie la plus difficile, c’est la peur de ne pas bien éduquer ses enfants et de leur montrer un mauvais exemple.”

Votre travail vous permet-il d’être aussi présent que vous le voudriez ?

Y : “Oui, car je travaille dans la même tranche horaire que mes enfants donc dès que les enfants rentrent, je suis là.”

A : “Malheureusement, non.”

S : “J’ai eu la chance de bien finir mon travail et de pouvoir passer du temps avec elle durant la majorité de sa vie, mais maintenant qu’elle est en études supérieures, c’est plus compliqué de la voir.”

Vous sentez-vous reconnu comme parent à part entière ?

S : “Oui et non. Des fois, on se sent en dessous de la mère, et d’autres fois, on est considéré comme parent.”

Y : “Bien sûr, aucune différence.”

A : “Le regard des autres ne m’importe pas. Seul celui de mes enfants compte.”

Est-ce que vous trouvez que les pères d’aujourd’hui ont plus de pression qu’avant (travail, émotions, éducation…) ?

A : “Oui, beaucoup plus de choses à gérer.”

S : “Je pense qu’on reçoit plus de pression au travail et dans l’éducation, et on dirait que nos émotions passent après tout ça.”

Quel conseil donneriez-vous à un futur papa ?

A : “Avoir une relation de confiance avec ses enfants.”

Y : “Donnez du temps à vos enfants, traitez-les comme vos amis, mais en mettant des limites. Prenez en compte leurs problèmes et passez de bons moments avec eux.”

S : “Être présent et heureux avec son enfant, et ne pas essayer d’être parfait, car c’est impossible de l’être.”

Les témoignages montrent que, pour ces papas, être père aujourd’hui signifie avant tout être présent, à l’écoute et soutenir ses enfants au quotidien. Malgré les pressions liées au travail, à l’éducation et aux attentes de la société, ils accordent une grande importance au lien qu’ils construisent avec leurs enfants. Plus que la reconnaissance extérieure, c’est la relation, la confiance et le regard de leurs enfants qui donnent du sens à leur rôle de père.

YALCIN Reyyan
Stagiaire assistante en psychologie

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