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L’école & l’accueil des immigrés

31 Mai 2016 31

Suite à la rencontre d’un usager chez Inser’Action concernant sa demande d’aide, j’ai pris conscience d’une problématique importante que vivent certains primo-arrivants ainsi que des personnes issues de l’immigration.

Sa fille ainée, K, âgée de 12 ans se trouve à peine en 3éme primaire !

Ayant contacté la directrice afin d’en savoir un peu plus, celle-ci m’affirme ce qui suit :

« Pour chaque enfant, nous leur faisons passer un test en français et mathématique afin de connaitre leur niveau et la classe dans laquelle nous pourrons les mettre ».

K est rentré en 2éme à 11 ans !

Cependant, cette procédure n’est pas la même pour toutes les écoles.

Ayant contacté plusieurs organismes afin de comprendre le fonctionnement « normal » dans ces cas, j’ai fini par comprendre qu’il n’existait pas de directives spécifiques et que les écoles avaient plusieurs possibilités.

Aujourd’hui, un peu plus d’an après son entrée en primaire, deux choix s’imposent :

1)      Soit elle passe de la 3éme primaire à la 1ere année secondaire différenciée.

2)      Soit elle reste à l’école une année supplémentaire.

Ces deux options émergent cette année car K va bientôt avoir 13 ans. Il s’agit de l’âge maximum admissible en école primaire. Au-delà de cet âge, les parents de l’élève doivent choisir une des options ci-dessus.

Afin d’accueillir les immigrés dans les écoles Belges, le gouvernement a mis en place un dispositif spécial, il s’agit des classes passerelles :

-          Le décret du 14 Juin 2001 met en place les classes passerelles dans lesquelles un enfant primo-arrivant est accueilli dans une école de la Fédération Wallonie-Bruxelles bénéficie d’un encadrement pédagogique adapté, qui tout en rencontrant les objectifs généraux du décret Missions, lui permet d’apprendre le français de manière intensive et de se mettre ou se remettre à niveau.[1]

Suite au succès de ces classes, le gouvernement a souhaité revoir cette mesure afin d’améliorer le dispositif et répondre au mieux aux réalités rencontrées dans le terrain.

 

-          Le décret du 18 Mai 2012 met en place les DASPA (Dispositif d’Accueil et de Scolarisation des élèves primo-arrivants) qui visent à assurer l’accueil, l’orientation et l’insertion des élèves primo-arrivants, mais aussi à proposer un accompagnement scolaire et pédagogique adapté aux profils d’apprentissage des élèves et enfin à proposer une étape de scolarisation intermédiaire d’une durée limitée avant la scolarisation dans une classe ordinaire.[2]

Un élève inscrit dans un DAPSA y restera entre une semaine et un an. Il existe une possibilité de prolongement de cette durée de 6 mois maximum.
Outre les objectifs généraux de l’enseignement, l’enseignement dans un DASPA se focalise sur l’apprentissage intensif de la langue française pour ceux qui ne la maîtrisent pas suffisamment, et une remise à niveau.[3]

Ces classes sont organisées de diverses façons dans certaines écoles qui reçoivent l’autorisation et les subsides nécessaires.

Cependant, selon les analyses de l’UFAPEC[4], lorsque les élèves réintègrent une classe ordinaire, beaucoup de ceux qui viennent d’une classe DASPA sont en échec voire en décrochage parce qu’ils n’ont pas pu récupérer leur retard soit dans la maitrise du français soit dans les autres compétences, nombre d’entre eux ayant été peu ou pas scolarisés dans leur pays d’origine.[5]

Il s’agit d’un problème extrêmement sérieux sur lequel les autorités doivent réellement se pencher parce que ces enfants immigrés sont désormais en Belgique et le resteront peut être.
Sachant que la réussite des études est souvent corollaire à un meilleur avenir, cette problématique doit être mise en lumière et étudiée afin de faire en sorte que le futur de ses enfants soit engagé de la meilleure façon possible.

Cependant, le décret DASPA, ainsi que les programmes OLC[6], contribuent à un accueil amélioré et une meilleure prise en charge des élèves primo-arrivants, mais ne suffisent pas encore.
Sur le long terme, l’école dite « de la réussite »[7] est encore loin du compte pour donner des chances égales de réussite à tous ses élèves et notamment à ceux issus de l’immigration, soit près de deux élèves sur dix.[8]

En conclusion, pour les primo-arrivants, malgré des avancées appréciables au niveau législatif, malgré l’investissement de l’école et de ses enseignants, réussir à l’école pour pouvoir s’intégrer dans la société reste un parcours difficile et semé d’embûches. Le soutien de la communauté éducative et du centre d’accueil sont un réel plus pour rendre ce parcours praticable.[9]

Afin de finir sur une note positive, espérons que certains de ces enfants, en ayant bravé des dangers et franchit les frontières périlleuses, réussiront malgré les difficultés et complications du système scolaire à gravir les échelons en accomplissant ce pour quoi ils sont venu en Belgique : Une vie meilleure et un futur radieux.

Souhaitons beaucoup de chance et du courage à K et à tous ceux qui sont dans la même situation qu’elle.

Ahmed