L’impact positif de l’immigration !

L’impact positif de l’immigration !

J’aimerais dans cet article aborder le démantèlement de la « jungle » de Calais.

L’image choquante est celle parue dans le journal de TF1 : Le journaliste Pierre Baretti était dans un bus avec des migrants quittant la jungle de Calais. Un bus dont un détail était interpellant : l'entreprise de bus avait décidé de bâcher les sièges de ses bus. Soit ce sont des sièges neufs et qu’ils ont oublié d’enlever les plastiques ou soit, ils ont peur que les migrants salissent leurs beaux sièges...[1]

Nous aurions pu nous dire qu’il s’agissait d’un oubli de l’entreprise qui a loué ses bus mais un autre détail semble donner le ton (ironique, sarcastique) de cette intervention : Il s’agit du Slogan présent sur l’un des bus qui transportait les migrants.

Un journaliste, présent pour rapporter les événements depuis Calais, a filmé un petit groupe de migrants embarquant dans un bus. Ironie du sort, on peut lire sur le bus le slogan suivant « Au bout de vos rêves ». « Du rêve à la réalité », s’insurge un internaute sur Twitter. [2]

Ce que je trouve choquant dans cette histoire est le fait de ne pas prendre au sérieux ces personnes qui fuient la guerre, la misère et l’horreur… Une absence totale d’empathie au profit d’une vision s’axant sur le « danger » que représentent ces immigrés qui viennent dans un but d’exploiter les richesses du pays.

Justement, je croyais que le racisme était une sorte de « peur de l’inconnu » mais en réalité, la peur radicale, agressive et exclusive de tout autre affect s’appuie au contraire sur la certitude d’avoir affaire à un objet menaçant, laquelle ne peut reposer que sur un savoir. La phobie raciste est en d’autres termes la peur de ce qui est déjà connu – et identifié à ce titre comme menaçant. Qu’il s’agisse d’un savoir authentique, fondé sur des faits réels et des raisonnements logiques, ou d’un pseudo-savoir, fondé sur des fantasmes et des sophismes, est une autre question – et de fait, la phobie raciste se distingue des peurs ordinaires par le fait que rien de réel ni de rationnel ne la justifie. Mais toute peur suppose un objet de peur connu, bien ou mal.[3]

Mais pourquoi est-ce que les discours et sens communs ont une représentation négative de l’immigration ? Sachant que celle-ci impacte positivement l’économie du pays accueillant.

Toutes les études économiques sérieuses montrent que l'immigration a eu des effets positifs, sinon nuls, sur les comptes publics, le chômage et les salaires en France». Mais la France est un «très mauvais élève en matière d'intégration de ses immigrés, faute de politiques cohérentes et efficaces depuis trente ans», déplore Jean-Christophe Dumont, chef de la division des migrations internationales à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Ce qui remet de plus en plus en cause la contribution positive des immigrés à l'économie française.[4]

Revenons à la Belgique !

Des chercheurs de l’UCL se sont penchés sur la question : Les économistes néo-louvanistes ont établi un scénario raisonnable de l’impact de l’immigration sur les finances publiques. Il serait positif et correspondrait à 0,5 % du PIB, soit environ 2 milliards d’euros actuellement.[5]

Malgré cela, la représentation de l’immigration en générale est négative comme ce cliché considérant les immigrés comme des personnes qui prendraient nos emplois. "Les gens sont convaincus qu’avec l’arrivée d’immigrés en Belgique, ils vont devoir partager le gâteau avec eux, explique Abdeslam Marfouk, économiste à l'Iweps, l’Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique. Ils n’envisagent donc que l’offre de travail disponible, mais ils ne pensent pas qu’avec cette immigration, en fait, la taille du gâteau va augmenter, parce que les immigrés sont aussi des consommateurs, des entrepreneurs parfois. On l’ignore souvent mais il y a une proportion significative d’immigrés qui deviennent des entrepreneurs indépendants, qui créent leur propre emploi et parfois d’autres emplois qui seront occupés par d’autres immigrés ou par des Belges."[6]

Pour finir, je pense qu’il faudrait d’avantage propager ce genre de réflexions basées sur de sérieuses études plutôt que de contribuer à nourrir des représentations profanes qui ne font qu’amplifier la frustration à l’égard des autres, des immigrés.

Morale de l’histoire : Essayons d’être plus attentif et éveillé. Gardons un esprit critique par rapport aux informations qui nous parviennent car la réalité est parfois différente des informations qui nous sont transmises.

 

Ahmed