Je vais vous raconter l’histoire d’Ismail, un jeune Afghan établi à Bruxelles depuis juin 2017. Il était très content quand je lui ai expliqué que j’allais écrire mon article sur son histoire, il a donc bien posé pour la photo ! Ismail est arrivé en Belgique en tant que MENA (Mineur étranger non-...

Je souhaiterais vous parler des immigrés qui « squattent » dans le parc Maximilien depuis la crise migratoire. En effet, ce parc qui se trouve en face de l’office des étrangers est devenu un lieu important pour les immigrés qui arrivent en Belgique. Comme vous le savez déjà, j’ai souvent accompagné...

Prendre le chemin de l’exil nécessite beaucoup de courage, car le chemin est long, périlleux et incertain. Mais très peu abandonnent car abandonner signifie échouer, abandonner signifie abandonner les siens, ceux que l’on laisse derrière soi, abandonner sa fierté. Alors il est hors de question de...

Témoignage d’un jeune couple syrien demandeur d’asile en Belgique

31 Mars 2015 31

 

Dans le cadre du travail à la permanence psychosociale nous avons été amenés à aider, informer et orienter un jeune couple syrien ayant un bébé âgé d’à peine un mois, récemment arrivé en Belgique.

Avant d’arriver en Belgique, ils ont vécu beaucoup de choses et ont eu un sacré parcours. Je les remercie pour nous avoir confié leur vécu et je remercie Farida pour la traduction.

Ils ont fui la Syrie vu les circonstances de guerre. C’était un milieu de vie très dangereux et ils craignaient pour leur vie, ils ont fui vers l’Egypte où ils se sont mariés. Peu de temps après, ils ont du quitter l’Egypte et sont revenus en Syrie. Avant de se marier, la fille, B., vivait avec ses parents Y., lui était ouvrier, il travaillait le fer, par la suite, avec les barrages établis, les habitants n’étaient plus libres de circuler, il n’était plus possible de travailler. Ils ont fui en Algérie, la famille de B. est restée là-bas, ensuite ils sont passés par le Maroc. Ils expliquent qu’à Nador (Maroc), on les triait pour voir qui pouvait continuer plus loin. Y. est passé par Melilla (Espagne), B., elle a su, accompagnée de membres de la famille de Y., arriver en Belgique. Y. les a ensuite rejoint ici et était présent pour la venue au monde de leur bébé. Ils ont choisis de trouver refuge et de demander asile en Belgique car Y. a de la famille ici qui a également demandé asile. Ils se considèrent chanceux d’avoir de la famille ici qui ont pu les héberger, les aider, les conseiller dans leurs démarches. Y. a un ami qui n’a pas de famille ici et qui était isolé et pour qui c’était plus difficile. Nous avons également rencontré le frère de Y. ainsi que sa belle-sœur et ses neveux, ils vivent à Molenbeek. La belle-sœur dit que c’est bien car en Belgique, il y a beaucoup de personnes originaires de l’étranger, notamment la population maghrébine avec qui ils ont pu communiquer en arabe et qui ont pu les aider, cela est un d’un grand soutien. Quand on leur a demandé ce qu’ils pensaient de la Belgique, ils ont répondu que les gens étaient gentils et qu’ils espèrent pouvoir s’installer et être heureux ici mais que par contre, ils ont du s’habituer au froid, au climat car en Syrie, il fait toujours chaud, ensoleillé.

Y. a encore de la famille là-bas, mais ils sont dans une autre ville où c’est plus calme, mais ils ne peuvent pas y sortir. Ils ont des contacts réguliers.

Vu que le droit des étrangers n’est pas notre spécialité, nous avons cherché les informations afin de les orienter au mieux. Y et B restent assez méfiants et craintifs, ils ont peur d’être séparés. C’est compréhensible, ils ont du vivre des choses extrêmement difficile, ils ont du traverser plusieurs pays et atterrir dans un pays très différent avec un système administratif, légal totalement inconnu et différent de leur pays d’origine, ils ont des connaissances dans leur entourage qui leur donnent des conseils, mais ces personnes sont elles-mêmes dans cette situation d’inconnu et une situation n’est pas une autre.

B. a déjà demandé asile, elle est en procédure et attend la réponse. Par contre, Y., vu qu’à Melilla on lui a pris ses empreintes, il avait peur qu’on le renvoie en Espagne. En effet, il existe un accord entre les pays de l’EEE (Espace économique européen) ainsi que la Suisse, nommé l’accord de Dublin, qui sert à déterminer quel pays doit s’occuper de la procédure d’asile. En effet, le premier pays membre où il y a une trace de passage est censé être terre d’accueil et être compétent pour la procédure d’asile mais, il y a des cas d’exceptions et depuis janvier 2014 il y a eu un peu de changement, et quelques améliorations notamment sur le principe de l’unité familiale. En effet, certaines familles se retrouvaient éclatées.

Du coup, nous nous sommes renseignés afin de savoir ce qui était mieux pour Y. à savoir se déclarer à l’Office des étrangers en apportant les informations et les preuves que sa femme est actuellement en procédure ici.

C’est en effet une réalité de notre métier, s’informer, trouver les bonnes informations, afin de pouvoir conseiller les gens au mieux. Un autre volet de notre travail est la confiance. Les personnes doivent nous l’accorder et en retour on se doit de les informer et le faire correctement. On peut conseiller les personnes mais la décision finale leur revient toujours. C’est pourquoi nous les accompagnons, les outillons afin de les aider à prendre cette décision.

 

Coralie

Assistante sociale

Thèmatique(s)
Droits des étrangers