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Les comportements de mise en danger chez l’adolescent

30 Septembre 2017 30

Sur le trajet du retour d’une de nos journées d’activités avec les familles, nous étions dans la camionnette et nous avons aperçu des jeunes perchés sur la rambarde d’un pont au-dessus de la route. Cette mise en danger nous a fait froid dans le dos, pourquoi prennent-ils ce risque ? Chuter peut arriver si facilement, ils peuvent trouver la mort mais ne semblent pas y prêter attention.

Je me suis un peu penchée sur le sujet et j’ai lu un texte de la collection Yapaka (programme de prévention de la maltraitance à l’initiative du Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles) : Adolescence et conduites à risque de David Le Breton.

Voici quelques idées clés qui en ressortent :

1) L’adolescence :
L’adolescence est une période où le jeune se trouve en quête de sens, il cherche à donner une valeur à son existence. Certains cherchent à être des adultes le plus tôt possible et se comportent comme s’ils étaient des adultes matures, d’autres tentent au contraire de rester le plus longtemps possible adolescents car être adulte signifie s’engager, avoir des responsabilités. Ils tentent de repousser au plus tard possible l’entrée dans cette vie d’adulte.

Dans notre société actuelle, l’avenir n’est plus tout tracé comme il l’était auparavant, le provisoire et l’incertain prennent place dans les relations amoureuses, dans les projets de formation ou de travail etc. De plus, le jeune est fortement baigné dans la séduction de la consommation alors que dans la réalité, il doit souvent patienter un long moment avant de pouvoir devenir indépendant économiquement, ce qui a pour conséquence de prolonger la période d’adolescence non par choix mais par nécessité.

Lors de cette période, la famille cesse peu à peu d’être le centre de gravité du jeune qui va plutôt chercher à s’identifier à ses pairs ou à des adultes de son entourage. Auparavant, nous étions dans un modèle de transmission de génération en génération, maintenant le modèle est celui de l’expérimentation et si le jeune n’est pas cadré par quelqu’un d’extérieur pour l’orienter, évaluer les différentes possibilités et leurs conséquences, il va se retrouver angoissé par l’incertitude, par le fait de ne pas savoir vers où aller.

L’adolescence est la période où l’on quitte les repères de l’enfance qui étaient sécurisants pour se diriger vers l’autonomie, mais ce passage peut être délicat, surtout si le jeune manque de limites et de soutien dans sa famille.

2) Les conduites à risque :
C’est une série de comportements qui ont en commun le fait de mettre sa santé ou son futur en péril : défis, tentatives de suicide, toxicomanie, addiction aux jeux vidéo, vitesse sur la route, délinquance…

Ces conduites à risque sont représentatives de la recherche d’une issue, d’échapper à ce sentiment d’être bloqué devant un mur infranchissable, ce sentiment de ne pas pouvoir dépasser une douleur insoutenable. Elles sont également représentatives d’une volonté de bouleverser les routines familiales, d’exprimer la détresse, d’attirer l’attention et provoquer un soutien afin d’être reconnu digne d’exister.

Le basculement vers ce type de comportements de mise en danger peut être lié à des évènements multiples : agressions, maltraitance, déception amoureuse, harcèlement à l’école, lourd poids d’un secret de famille, etc. Mais l’histoire personnelle du jeune, ses ressources et la solidité de son entourage va atténuer ou accentuer la violence des faits et aura une incidence sur le fait de réussir à se reprendre ou pas.

Ces comportements ont également plusieurs buts : se rattacher au réel, aux limites, se sentir exister, faire réagir son entourage.

Parfois le jeune ne sait pas pourquoi il agit comme cela mais n’arrêtera pas tant qu’il n’aura pas compris d’où vient son désarroi ou tant qu’il ne rencontra pas un adulte qui lui donnera l’envie de grandir.

Pour se sentir exister, ces jeunes ont besoin d’éprouver leurs limites physiques, les sentir pour pouvoir les apprivoiser et sentir leur identité, trouver leur place dans le monde. En ayant un contrôle sur son corps, qui est la frontière entre soi et l’autre, en contrôlant les douleurs ressenties, l’adolescent cherche à avoir du contrôle sur une partie de son existence.

Ce n’est pas l’intention de mourir qui guide ses comportements mais celle de retrouver un sens à la vie.

Pour conclure, en tant qu’adulte je pense qu’il faut être attentif à ce genre de comportements chez un jeune car rester indifférent à cette forme d’appel à l’aide peut avoir des conséquences dramatiques. En effet, même si le but n’est pas de mourir, il peut y avoir des issues fatales. Les jeunes n’ont pas le même rapport à la mort que les adultes, n’ont pas le même rapport à la souffrance, n’ont pas le recul et l’expérience nécessaire pour surmonter des difficultés, c’est pourquoi il est important que les jeunes soient soutenus, portés par des adultes qui viennent leur poser des limites.

Coralie

Source : LE BRETON, D. Adolescence et conduites à risques, éd. Fabert, Yapaka, 26/04/2016.
www.yapaka.be

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